mercredi 13 avril 2011

La courbe en "S"

Avant de parler des lois d'évolution, prenons un moment pour évoquer les courbes en "S".
La courbe en "S", ou S-curve, ou courbe logistique, permet de modéliser l'évolution d'un système.
L'axe horizontal représente le temps, et l'axe vertical, variable, représente un facteur lié à la performance du système. Cela peut, par exemple, représenter des quantités produites. On devine déjà, avec cette définition que la courbe en S d'un système dépend de ce que l'on observe. Ainsi, différents paramètres d'un système, représentatifs de fonctions particulières, auront des positionnements différents sur cette courbe.

Cette courbe est décomposée en trois grandes parties:
  • La première partie, infléchie vers le haut, représente le début de la vie du système. Le système est jeune et très perfectible, et les évolutions sont rapides. Pendant cette période, le système améliore sa contrôlabilité, ses différentes parties s'ajustent et tendent à améliorer leur synchronisation.
  • La seconde partie, pratiquement linéaire, correspond à l'optimisation du système. Il tend à se synthétiser, se simplifier. A l'issue de cette période, le système est optimisé et peu d'éléments peuvent encore être améliorés de manière significative. Par contre, des disparités apparaissent, et certaines parties du système limitent l'amélioration de celui-ci.
  • La troisième partie de la courbe, le haut du S, correspond à la fin de l'évolution du système. Des améliorations apparaissent encore, mais de façon moins marquée. Le système est mature, et se stabilise à un optimum.
Au cours de cette dernière étape, de nouveaux systèmes font leur apparition, tendant à supplanter le système existant. Ceux-ci sont en rupture avec le système actuel, et sont, quant à  eux, au début de leur courbe en S.
Il faut aussi tenir compte d'un autre facteur lors de cette transition: les temps de cycle se raccourcissent de génération en génération: autrement dit, une courbe en S d'un objet aura une période de développement plus courte que la courbe en S de l'objet qui le précède.
Pour prendre un exemple concret, il suffit d'étudier le cas du disque vinyle: En ce qui le concerne, la durée de son exploitation a été bien plus longue que tous ses successeurs, que l'on parle du CD, du DVD,.. remplacés de plus en plus par le streaming,  dématérialisant ainsi le support, ce qui ressemble à s'y méprendre à une quête d'idéalité (la machine idéale est la machine qui remplit la fonction mais qui n'existe pas...).

Enfin, à propos des courbes en S, les lignes d'évolution des produits ne sont pas uniques. En reprenant l'exemple du disque vinyle, les produits successifs que sont le CD, le DVD, le Blu-ray,... ont chacun optimisé des fonctions particulières de leur ancêtre commun. Il y a eu un premier saut technologique entre l'analogique et le numérique, puis, après ce saut, une explosion de possibilités offertes par cette nouvelle technologie. On observe alors un foisonnement de successeurs qui ont chacun pris une ligne d'évolution particulière, en accord avec un besoin particulier. Je parle de ce phénomène dans le billet sur l'évolution de la bicyclette.
Donc, si l'on doit retenir deux éléments importants,
  1. les systèmes évoluent selon des schémas établis, qu'il nous reste à décrire.
  2. Ces schémas d'évolution ne sont pas uniques, et conduisent à une multiplication de variantes. C'est ce qui explique notamment le nombre de versions de produits mis sur le marché, répondant pour chacun d'eux plus spécifiquement à tel ou tel besoin.
Tout ceci sera encore abordé lorsque nous évoquerons les lois d'évolution.
Enregistrer un commentaire